Bordeaux-Saint Etienne. Nommé capitaine, Jaroslav Plasil assume depuis le débutses nouvelles fonctions. Déterminé à prendre sa revanche, il souhaite que tout l’équipe s’investisse totalement. Pour la réception des verts et après des matchs de préparation convaincants, le tchèque sait que tout reste à faire. Il livrait ses impressions dans les colonnes de Sud-Ouest.
À l’intersaison, vous avez eu des contacts pour partir avant de finalement prolonger votre contrat (jusqu’en 2015). Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de Bordeaux ?
Jaroslav Plasil. J’avais un peu le sentiment d’avoir une revanche à prendre après la saison que nous venons de vivre. Je me sens redevable envers Bordeaux, j’aime ce club. Les premiers entraînements avec un nouveau staff, aussi, ont pesé. Des séances intéressantes, avec des gens simples et travailleurs.
Quand Francis Gillot vous a nommé capitaine, c’était pour vous aider à vous décider ?
Franchement, je ne crois pas. C’est vrai que je ne suis pas habitué puisque je n’ai jamais été désigné capitaine durant ma carrière. C’est une fierté, bien sûr, la preuve que mon travail est reconnu à Bordeaux.
Quel type de capitaine serez-vous ?
Je vais essayer de rester celui que j’étais avant. Pour moi, l’endroit le plus important pour un capitaine, c’est le terrain, là où il doit donner l’exemple, essayer d’aider ses coéquipiers, surtout à Bordeaux où nous avons beaucoup de jeunes qu’il faudra guider. Il est parfois utile de parler, mais l’essentiel, ce sont les actes.
Et puis, je ne serai pas le seul à porter ce rôle. Des joueurs comme Mathieu Chalmé, Marc Planus ou Cédric Carrasso ont l’expérience pour. Ce n’est pas parce qu’ils n’auront pas le brassard que leur influence sera moins importante.
Parmi ceux que vous avez côtoyés durant votre carrière, quel capitaine peut-il vous inspirer ?
Pavel Nedved, mon capitaine en sélection tchèque. Sur le terrain, il était irréprochable. Il ne parlait pas beaucoup mais quand il le faisait, il était très écouté. C’est comme ça que je conçois mon rôle.
Quel sera votre message avant le premier match de la saison, dimanche contre Saint-Etienne ?
Je ne pense pas qu’il sera nécessaire de parler, tout le monde sera remonté à bloc. Les discours, c’est plus pour l’entraîneur (sourire). Mais c’est vrai que ce premier match sera particulièrement important : on a perdu beaucoup de points à la maison la saison dernière (27, NDLR), il faut très vite rectifier le tir pour montrer à nos adversaires que les choses ont changé.
Personnellement, vous avez fini la saison dernière particulièrement fatigué…
C’était vraiment très compliqué, la plus dure de ma carrière. Usant mentalement et physiquement parce qu’on a connu beaucoup de haut et de bas. Dès qu’on pouvait accéder aux cinq premières places, on perdait et on retombait à la dixième…
Comment analysez-vous cet échec ?
Beaucoup de choses ont été écrites mais je n’ai pas envie de revenir sur le passé…
Selon vous, le meilleur moyen de tourner la page, c’est de ne plus en parler ?
Pas forcément, parce qu’on peut toujours apprendre de nos erreurs. On sait qu’il faudra faire plus partout : dans l’investissement, le travail, la communication, la concentration… tout ce qu’il faut pour être performant.
Dimanche, au-delà de la victoire, c’est un nouveau comportement qui est attendu…
C’est sûr. Mon seul objectif cette saison, c’est ça : que l’équipe joue le haut du tableau en produisant du jeu, en ayant la volonté d’aller de l’avant, avec du mouvement pour donner du plaisir aux supporters et pour se faire plaisir, nous aussi. Ce qui n’était vraiment pas le cas la saison dernière.
Le bilan (5 victoires, 1 nul, 1 défaite) des matches de préparation annonce-t-il un nouvel élan ?
C’est positif mais il faut encore attendre : la saison dernière, on avait tout gagné avant un début de championnat catastrophique. Cette fois, on a l’avantage d’avoir l’effectif quasiment au complet et d’avoir de nouveaux joueurs qui n’ont pas connu l’année et demie de galère et qui vont nous apporter leur fraîcheur.
Le groupe est de qualité, avec des joueurs d’expérience et des jeunes plein d’avenir. On verra si on réussit les petites choses qui font les grandes saisons…

