Bordeaux-Evian. Interrogé sur cette dure semaine, Francis Gillot met un point d’honneur à trouver une solution à la situation délicate du club. Mais pour lui, les signes doivent venir des joueurs.
Personnellement, vous vous êtes posé des questions après cette élimination, notamment par rapport à l’attitude de vos joueurs?
F.G. : Evidemment, quand il y a un échec, on se met dedans en tant qu’entraîneur. Ceux qui savent tout, ont plein de certitudes, ne durent pas longtemps. Je me mets dans l’échec comme les autres. On essaie de se poser des questions avec le staff, voir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, ce qu’il faut faire. On est en constante révolution dans la tête, c’est une certitude. C’est pour cela que l’on aimerait que les joueurs aient eux aussi une tempête sous leur crâne, qu’ils réfléchissent à certaines choses.
Vous avez élevé la voix, supprimé un week-end de repos, exigé les protège-tibias à l’entraînement. Evian va être un bon révélateur pour savoir si vous avez été entendu?
F.G. : Je leur ai dit ce matin, on est au pied du mur, c’est bon, il y en a marre. Il y en a marre de se faire bouger, il y en a marre de perdre, même si on n’a perdu qu’un match (en L1). Il faut arrêter ça. Il faut partir sur d’autres bases, changer ce qui ne va pas et se prendre en charge.
Ce match est-il la dernière chance d’éviter la catastrophe d’un début de saison raté ?
F.G. : Si on gagne Evian, on a huit points en cinq matches, c’est pas mal. Si on ne gagne pas Evian, ça sera un mauvais début de saison, c’est sûr, il ne faut pas se cacher, ne pas se voiler la face. Une victoire peut nous relancer. Il faut gagner, c’est ça le problème.
N’aurez-vous pas peur de lancer quelques jeunes, comme vous l’aviez fait à Sochaux ?
F.G. : Peur de quoi ? Je les lance si je les sens capables. Ceux qui ne seront pas bons ne seront pas lancés. Je ne prends pas de risque. Je vais déjà avoir la confirmation de ce qu’ils vont faire en CFA. Puis, si je vois que certains marchent bien en CFA, et qu’ils sont au niveau, il n’y a pas de raison de douter.
Devant votre public, cela n’a pas été évident ces derniers temps…
F.G. : Il faut mettre le public avec nous et bien démarrer. Les gens vont pardonner à des joueurs qui se battent et qui font les choses correctement, même s’il n’y a pas de résultat au bout. Si nous ne nous battons pas, qu’il n’y a pas d’envie et pas de résultat, je trouve logique que l’on nous tombe dessus.
Avez-vous senti que votre message un peu plus musclé était passé ?
F.G. : Nous verrons. Je ne sais pas. Je l’espère. J’ai vu de bonnes réactions lors de l’entraînement. Mais je veux voir cela pendant les matches. C’est plus important.
Source: goal.com

