Francis Gillot est à la recherche du remède qui pourrait lancer les Girondins. Mais l’ancien sochalien ne cache pas que le déficit n’est pas dans la motivation mais bien dans le talent de ses joueurs. Dans ces conditions, seul le travail et une parfaite abnégation peuvent permettre aux Girondins de survivre dans ce championnat.
Dans les travées de Chaban-Delmas nombre de spectateurs, déjà pas très nombreux, ont quitté la rencontre avant son terme. Une prestation atone, une stérilité offensive et un manque de rythme altèrent match après match la motivation des plus fervents supporters. Personnes grimaçantes, commentaires acerbes, supporters se réfugiant sur leur téléphone portable, l’ambiance n’était pas au beau fixe samedi. Certes le Virage Sud a appelé à soutenir l’entraineur bordelais mais c’est un véritable trompe l’oeil. Les Ultras bordelais sont déterminés à agir face à une direction qui n’a pas rempli des engagements donnés en tête à tête lors d’une réunion début août.
De son côté, Francis Gillot sait que cette saison va être difficile. Il ne s’en cache pas. Mais ce qui est plus étonnant, c’est de voir les adversaires des Girondins s’étonner de cette baisse de qualité dans le jeu et notamment dans leur capacité à se montrer décisif devant le but. Sud-Ouest avance que Bordeaux serait le 5e club en terme de possession de balle. On voit clairement que cela ne sert pas à grand chose.
Absence d’un vivier
Le staff bordelais ne semble pas convaincu que la CFA comporte un vivier qui lui permettrait rapidement de faire une rotation avec les joueurs du groupe Pro. La saison en CFA 2 a coûté cher. Francis Gillot a déjà utilisé 19 de ses 24 joueurs en compétition et il a du mal à trouver la meilleure configuration. Reste qu’en écartant FBK et Chalmé, il a déjà clairement désigné deux joueurs dont les performances ne sont pas suffisantes pour prétendre à une place de titulaire. Grégory Sertic est lui encore un peu tendre pour prétendre durablement à une place dans le onze type. Seul Saivet et Traoré mériteraient plus de temps de jeu, les deux joueurs étant à chaque fois percutants.
Le cas Jussiê est emblématique. Présent au club depuis des années, ses performances n’ont jamais été au « top niveau » et malgré tout, chaque année il est confirmé dans l’effectif, preuve qu’on se complait dans une certaine médiocrité. Comme d’autres, le potentiel annoncé ne s’est que trop rarement révélé. Quelques éclairs de génie (victoire à Grenoble avec une équipe réduite à neuf) sont à mettre à son crédit mais le brésilien n’affiche pas le régularité escomptée par le staff. David Bellion lui aussi est à la recherche de son meilleur rendement et est attendu de pied ferme par Francis Gillot. L’ancien niçois a clairement une carte à jouer.
Améliorer le rendement offensif
Peu de rendement offensif, absence de leaders charismatiques, le club comporte trop de « trous dans la raquette » en ce moment pour permettre à l’équipe de retrouver le bon sens de la compétition. L’absence de Marc Planus est aujourd’hui largement préjudiciable et Plasil manque encore de poids dans son discours pour redynamiser son groupe.
Que faut-il faire ? Pour le moment, le travail de l’efficacité offensive est une priorité. Mais plus encore le groupe doit améliorer la mise en situation de ses attaquants en favorisant la qualité des débordements et des centres. Les coups de pied arrếtés et les débordements sont actuellement la meilleure solution pour Bordeaux pour parvenir à marquer. C’est un objectif primordial. Car faute d’avoir la qualité pour inscrire des buts dans le jeu, Bordeaux doit améliorer la qualité de ses coup-francs et coups de pied de coin, trop souvents gâchés.
Que va faire Francis Gillot cette semaine ? Le prochain déplacement à Toulouse peut apparaitre comme un nouveau tournant de la saison. De toute façon les Girondins doivent s’attendre à quatre gros matchsavec en suivant la réception de Lille, le déplacement à Lyon puis la réception de Montpellier.
Bordeaux doit donc viser en premier lieu sa solidité défensive et sa rapidité en contre. L’ancien sochalien ne veut pas s’avouer battu et pourrait même chambouler à nouveau son équipe. Le retour de Trémoulinas et de Maurice-Belay devrait apporter une solution plus efficace à gauche. On peut imaginer qu’Henri Saivet puisse avoir sa chance à droite en association avec Lamine Sané. Au milieu N’Guemo est inamovible faute de doublure tout comme Jaroslav Plasil. Reste désormais à définir quelle paire offensive sera titularisée. Gouffran et Modeste ne montrent pas une excellente complémentarité ce qui devrait propulser soit Jussiê (bof !) soit Diabate en complément de l’ancien niçois. Derrière la paire Henrique-Ciani est aujourd’hui la meilleure solution en absence de Marc Planus.

